Chalonnes-sur-Loire (49) – Le bourg s’urbanise… et se réconcilie avec la Loire

Fini l’étalement urbain à Chalonnes-sur-Loire, fini le désintérêt pour la Loire ? C’est en tout cas la volonté de la municipalité aux commandes depuis 2008. « Il est vrai que Chalonnes a tourné le dos à la Loire, à la batellerie, à son port qui générait des nuisances », reconnaît la maire, Stella Dupont. Vrai aussi qu’entre les zones artisanales et les lotissements boostés par la proximité d’Angers, à 30 km, Chalonnes a multiplié par trois environ ses surfaces urbanisées depuis l’après-guerre.

Côté Loire, « il fallait remettre en scène le paysage naturel en le touchant le moins possible », assure Stella Dupont. C’est ainsi qu’ont été restructurés le secteur des halles et les quais en 2009-2010 : estacade et garde-corps discrets en bois suivis de la mise en place d’un ponton.

Fête annuelle

La commune a bénéficié d’un dispositif spécifique de la région pour accompagner le classement Unesco (lire ci-contre), soit 116 000 € dans le cadre d’un contrat territorial unique. Et voilà Chalonnes prête, dès septembre 2011, pour une fête annuelle des quais organisée avec une association locale, « afin que la ville profite du fleuve et se réapproprie son patrimoine », selon la maire. Un petit-déjeuner sur les quais y rassemble 80 personnes avec comme objectif de recréer du lien social.

La mairie rejoint en outre la région sur un projet associatif de reconstitution d’un gabarot, bateau de Loire disparu. Le chantier a une vocation pédagogique (scolaires) et touristique. Le bateau prendra dès 2014 des passagers en promenade.

Côté bourg, le programme 2009-2010 a aussi conduit à la rénovation des halles du marché en lien avec l’architecte des bâtiments de France et dans le respect des teintes d’origine. A cette occasion, certains cafés ont pu se doter de terrasses.

Lutter contre l’évasion commerciale

Mais le grand chantier actuel, c’est l’ouverture prochaine d’une zone commerciale de 7 hectares dans un quartier limitrophe du centre-ville. Il permettra, entre autres, l’extension d’une grande surface : « Nous avons évité l’étalement urbain en renonçant, à 1,5 km du bourg, à une zone plus vaste prévue par nos prédécesseurs, se félicite la maire. Nous complétons ainsi l’offre et luttons contre l’évasion commerciale. Nous ne déstabilisons pas le commerce de centre-ville puisque les deux grandes surfaces ne déménageront pas dans ce secteur excentré et qu’on n’y créera pas de galerie commerciale. »

Selon Jean-Claude Sancereau, conseiller municipal d’opposition, celle-ci militait pour cette zone commerciale plus vaste, « afin de répondre aux besoins d’une zone de chalandise de 25 000 à 30 000 personnes, avec des commerces complémentaires et attractifs, telle une jardinerie », en complément d’une classique rocade au sud du bourg… également dévoreuse d’espace. Et l’opposition de dénoncer la création d’une zone commerciale plus petite, plus loin du bourg. Car les projets en périphérie ne sont pas gelés mais limités. En matière d’habitat, la mairie vise également à densifier avec un projet de lotissement aux parcelles de 400 m2 en moyenne et aux maisons accolées économes en énergie.

Contact. Mairie : 02.41.74.10.81.

En chiffres

6 421 hab.
Coût de la rénovation des halles et du quai de Loire : 1,13 M€ (Etat 12 %, CG 7 %, CR 9,5 %, CR au titre du classement Unesco 9 % et commune 62,5 %)

La baisse annoncée des surfaces constructibles

« A l’avenir, le nouveau PLU, qui devrait être adopté au printemps, se propose de limiter la pression foncière à 20 hectares de surfaces constructibles (95 ha dans le PLU de 2003), par la requalification de zones d’urbanisation future en zones naturelles et surtout agricoles. En parallèle, sera également proposé à l’enquête publique un projet d’extension à tout le bourg et au front de Loire du périmètre de protection (un rayon de 500 mètres) de l’église Saint-Maurille, monument historique classé. Sans mettre la ville sous cloche, nous voulons être vigilants par rapport aux projets de vérandas, velux, terrasses, agrandissements et autres cabanons, ce que ne permettait pas le PLU. Les Chalonnais sont sensibles à cette qualité architecturale et paysagère. Certains d’entre eux sont d’ailleurs préparés à ces contraintes, en particulier ceux qui depuis 2008 s’informent auprès des permanences du CAUE, en amont du dépôt de leurs demandes de permis. Ils y reçoivent des conseils gratuits qui vont dans le même sens que les contraintes futures. »

Classement au patrimoine mondial : l’effet amplificateur

Chalonnes s’appuie sur le classement au patrimoine mondial de l’Unesco dont la Mission Val de Loire assure l’animation et la gestion. La commune a notamment participé à la campagne « Vivre les paysages du Val de Loire » avec l’office intercommunal de tourisme, « pour que les habitants se réapproprient la qualité de leur environnement », indique la maire, Stella Dupont.

Le respect des paysages dans les aménagements relève en grande partie du plan de gestion Val de Loire Unesco en cours d’adoption : « Chalonnes est, parmi les 164 communes du périmètre, une des plus soucieuses de son paysage et de la valeur du classement », assure Isabelle Longuet, directrice de la mission. Le défi du prochain mandat ? Un projet de centre d’interprétation du patrimoine mondial, qui abriterait en même temps une halte fluviale soutenue par la région et un lieu de vie animé par des associations.