Réaliser un audit énergétique des bâtiments publics pour réduire sa consommation d’énergie

Les objectifs de diminution d’émission de gaz à effet de serre (GES) ainsi que le coût toujours en augmentation de l’énergie incitent les collectivités à s’interroger sur les solutions à mettre en œuvre pour réduire facture et émissions. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le coût du chauffage des bâtiments communaux est de 35 € en moyenne par habitant et par an. « Avec des travaux mineurs, ce montant peut diminuer de moitié », assure Laurent Atienza, ingénieur au bureau d’études Eco-Venir. Afin de savoir par quels travaux commencer, un audit énergétique s’impose.

1. Ne pas confondre avec le DPE

L’audit énergétique n’est pas à confondre avec le diagnostic de performance énergétique (DPE) dont l’objectif est d’afficher la consommation d’énergie et les émissions de GES d’un bâtiment sous forme d’étiquettes allant de A à G. Un audit énergétique est une démarche plus approfondie. Elle détermine les déperditions de chaleur et les émissions de GES d’un bâtiment puis préconise les travaux nécessaires pour les diminuer : réfection de la toiture, changement des fenêtres ou encore isolation par l’extérieur. Il permet également de chiffrer le montant des travaux. L’audit commence par une visite des bâtiments assortie d’une collecte des données sur la consommation énergétique. Une thermographie permettant de visualiser toutes les déperditions et un test d’étanchéité à l’air sont pratiqués.

2. Profiter de travaux pour faire un audit

« Les collectivités sont de plus en plus conscientes qu’il est indispensable de prendre en compte la problématique de l’isolation à l’occasion de leurs travaux », explique Gautier Perrin, chargé de mission à Alsace Energivie, programme lancé par la région Alsace. Elles ne réalisent pas toujours tous les travaux préconisés mais entreprennent souvent de petites réparations qui comptent, comme le calorifugeage des canalisations ou des réglages de chaudières. La communauté de communes du Piémont de Barr a ainsi repéré des défauts d’isolation et un mauvais fonctionnement de la chaudière de sa salle multisports. L’audit a préconisé des travaux de régulation et d’isolation pour un montant de 4 515 € HT, permettant d’économiser 5 000 € par an. Le temps de retour sur investissement est donc très court. A travaux plus importants, temps de retour sur investissement plus long. L’audit permet de chiffrer ces éléments et de prendre une décision.

3. Trouver le bon professionnel

L’audit est mené par un bureau d’études qui peut s’adjoindre un architecte pour conseiller le maître d’ouvrage si le bâtiment nécessite des travaux lourds, ainsi qu’un économiste de la construction si les travaux sont complexes. L’Ademe www.ademe.fr et les espaces info énergie www.infoenergie.org présents dans chaque région peuvent indiquer les professionnels. Passer par ces structures sera d’ailleurs indispensable pour obtenir des subventions. De nombreuses régions disposent en effet de plans climat et subventionnent la réalisation des audits. Leur coût, très variable, peut aller du simple au triple. Il est recommandé de demander au bureau d’études de fournir des exemples de rapport d’audit afin de s’assurer de ses qualités pédagogiques.

Trois bâtiments publics audités en Sud-Mayenne

Le Groupe d’action locale (GAL) Sud-Mayenne s’est lancé dans la réalisation d’un audit énergétique de trois bâtiments : l’hôtel de ville et de pays de Château-Gontier, la base de loisirs de La Rincerie et la salle des sports de Meslay-du-Maine. Le but était d’encourager la réduction de leur consommation énergétique et de montrer l’importance de cette démarche aux élus. Le bureau d’études LCA a été missionné pour cet audit pour un coût de 12 500 euros dont 50 % pris en charge par le Feder, 30 % par l’Ademe et 20 % par le GAL Sud-Mayenne. L’audit a préconisé un changement des menuiseries et une isolation intérieure des murs d’un ex-palais de justice énergivore.
Pour la salle omnisports, une isolation extérieure des murs des vestiaires et de la salle de judo a été conseillée et la base de loisirs devait en priorité isoler ses combles. « La majorité des travaux préconisés ont été entrepris pour un montant de 322 000 euros et le retour sur investissement attendu est de 16 ans », résume Michel Hervé, président du GAL Sud-Mayenne et maire d’Azé.

L’encadrement juridique

L’audit énergétique n’est pas obligatoire pour les collectivités locales. L’article 5 de la loi du 3 août 2009 (Grenelle 1) stipule que les bâtiments de l’Etat et de ses établissements publics devaient être soumis à un audit d’ici à 2010 puis rénovés d’ici 2020 pour réduire de 40 % les consommations d’énergie et de 50 % les émissions de gaz à effet de serre.
La loi prévoit que l’Etat incite les collectivités territoriales à engager cette démarche dans les mêmes délais. Le diagnostic de performance énergétique est obligatoire depuis le 2 janvier 2008 (décret du 19 mars 2007). Il doit être affiché dans les halls des bâtiments publics de plus de 1 000 m2 (500 m² depuis 2010) accueillant du public et occupés par l’Etat, une collectivité locale ou un établissement public.
Ce seuil sera de 250 m² en 2015 afin de répondre à la directive européenne sur la performance énergétique révisée 2012/31/UE (articles 12 et 13).