Corcoué-sur-Logne (44) 2 480 habitants – Ecole Odyssée : une aventure durable mais à améliorer

A la rentrée 2013, l’école primaire de Corcoué, l’Odyssée (170 élèves) comptera huit classes grâce à une extension.

Ouverte en 2009, l’école est le fruit de deux ans de réflexion d’un comité de pilotage impulsé par les élus mais aussi constitué d’enseignants et de parents ayant demandé cette ouverture. Ce comité a souhaité une école sobre énergétiquement et durable, la mairie validant budgétairement les orientations retenues.

Bois énergie

« Nous avons soutenu financièrement et techniquement au stade des études un projet performant énergétiquement », assure Dominique Birrien, ingénieur bâtiments à l’Ademe des Pays de la Loire. L’école visait avant l’heure la réglementation thermique 2012 : orientation des pièces de vie au sud, panneaux photovoltaïques, ossature bois isolée, puits de lumière apportant de la chaleur. Une plaque translucide et une meilleure aération devant cependant compenser la surchauffe estivale constatée.

Côté énergie, la chaudière à granulés de bois a consommé 23 tonnes en 2010 pour chauffer 800 m2, mais après réglage, 13,5 tonnes seulement en 2011. A terme, la commune pourrait utiliser ses huit hectares de bois acquis récemment pour l’alimenter. Le bâtiment périscolaire ouvert en 2010 est chauffé lui par une pompe à chaleur. Excès de sobriété énergétique : la puissance d’électricité souscrite au départ s’est révélée insuffisante.

Si l’essentiel du bilan des consommations est bon avec une chaudière utilisant moins que les 15 tonnes de granulés prévues, l’absence de suivi complet de la consommation du bâtiment, ou au minimum des factures, est regrettable. Une tâche pour le nouveau conseiller en énergie partagé qui sera recruté dans le cadre du plan climat-énergie territorial du pays. De plus, le surcoût de la maîtrise de l’énergie et les durées de retours sur investissements n’ont pas non plus été calculés par rapport à des solutions standards.

Par contre, le comité de pilotage est allé au-delà de la démarche énergétique : récupération des eaux de pluie, bois local et non traité (soutènements, clôtures et mobilier de classe) et matériaux neutres (peintures sans solvants, caoutchouc au sol pour les petits). L’école s’intègre au bocage environnant avec une cour comportant une partie enherbée et une haie champêtre. La démarche était bien globale.

Suivi incomplet de la performance énergétique

La mairie visait la réglementation thermique 2012 et donc une performance énergétique de 50 kWh d’énergie primaire/m2/an. Mais paradoxalement le Cep (coefficient en énergie primaire, c’est-à-dire production et transport compris) du projet ne lui a pas été communiqué par le bureau d’études, pas plus qu’à l’architecte. Il est pourtant essentiel car il corrige la cible en fonction des conditions climatiques locales et des améliorations ou dégradations énergétiques apportées par le projet. Certes, l’essentiel est connu avec la consommation de bois en énergie finale estimée par la mairie à 44 kWh/m²/an et la production d’électricité (via un système de gestion technique centralisée – GTC). Mais on ne parle pas ici d’énergie primaire ni de consommation d’électricité. Il n’est donc pas possible de comparer aujourd’hui le Cep réel au Cep projet, ce qui aurait pu permettre de déceler d’éventuels défauts de réalisation (isolation notamment) ou d’utilisation (personnel à sensibiliser).

« Des structures et matériaux éducatifs »

Claude Naud, maire de Corcoué-sur-Logne :
«Nous essayons d’apprécier les effets sociaux, économiques et environnementaux induits de toutes nos actions ou réalisations. Notre projet d’école se situe dans cette perspective. Les deux ans de concertation ont paru longs pour tous les membres du comité de pilotage mais ont permis de mûrir le projet, de faire ensemble le choix d’une école basse consommation, de bien positionner les réponses à l’appel d’offres sur nos capacités budgétaires et ensuite d’être plus à l’aise pour négocier avec l’architecte retenu(1). Une école n’est pas un projet neutre : le choix de structures et matériaux écologiques est éducatif. Dans notre démarche de développement durable, la seule entorse a été le recours à de la laine de roche, préférée à la plus écologique ouate de cellulose, pour des questions de certification et de prix. Des réglages à l’utilisation ont été nécessaires, notamment pour la chaudière à bois : il a fallu mobiliser l’installateur, le fabricant… et l’adjoint, ancien électricien-chauffagiste. Pour l’alimentation des toilettes avec de l’eau de pluie, le branchement est réalisé mais nous avons buté en cours de route sur la réglementation (2). Enfin, nous avons installé un composteur qui recueille les restes de repas de cantine triés par les enfants.»

Contact. Claude Naud, maire : 02.40.05.86.90.

(1) Les travaux du bâtiment ont coûté 1,06 million d’euros, financés à 70 % par le FEDER, l’Etat, l’Ademe, la région et le département et à 30 % par la commune.
(2) L’article 2 de l’arrêté interministériel du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie interdit leur utilisation à l’intérieur notamment des crèches, écoles maternelles et élémentaires.