La végétalisation « participative », une bonne idée ?

Petite rue parisienneLa nouvelle Maire de Paris, Anne Hidalgo et son adjointe en charge des espaces verts, Colombe Brossel, se sont engagées à développer 200 sites verts d’ici la fin de la mandature. Mais la ville de Paris est confrontée à un problème de forte densité qui implique de rechercher des solutions innovantes pour végétaliser son territoire.

C’est dans ce contexte qu’elle a choisi se lancer cet été une vaste consultation, pour inciter les parisiens à recenser les lieux, pieds d’immeuble, placettes, murs… qui leur paraissent pertinents pour installer de nouvelles poches de verdure. Pour cela, ils pourront utiliser l’application mobile « DansMaRue ». L’élaboration d’un support pédagogique permettant de présenter les différents types de végétalisation possibles est également prévu.

Professionnels vs amateurs - Comment cette initiative est-elle perçue par les professionnels du végétal en ville ? Pour le savoir, nous avons recueilli les avis de Fanny Maujean, responsable de la direction des parcs, jardins et paysages de la ville d’Angers – la ville « la plus verte de France » aux dires de la récente enquête de l’Union nationale des entrepreneurs du paysage (Unep) -, Cyrille Lomet, directeur du service des jardins de la ville de Rennes et qui a travaillé auparavant à la ville de Paris, et de Michel Audouy, concepteur paysagiste, au titre de l’interprofession Val’hor, initiateur du programme Cité Verte.

Tous les protagonistes interrogés se félicitent de la mise en œuvre d’une démarche qui va dans le sens d’une plus grande présence du végétal en ville et d’une sensibilisation accrue des citoyens. Mais ils s’interrogent aussi sur les difficultés que cela pourrait engendrer.

Ainsi, Michel Audouy souligne que « pour aboutir à des projets d’aménagements de qualité, il faudra impérativement faire appels à des professionnels du paysage, ce que ne sont généralement pas les citoyens, ni les structures associatives ». La ville de Paris précise que si la démarche a pour objectif de favoriser l’appropriation citoyenne, elle entend bien s’appuyer sur les professionnels de la ville pour sélectionner les lieux et les projets en fonction de leur faisabilité technique et de leur qualité paysagère.

Un entretien participatif ? - Autre interrogation de la part des gestionnaires d’espaces verts en ville, celle de la gestion future, dans un contexte où les surfaces à entretenir sont toujours en croissance alors que le personnel et les budgets ne suivent pas la même courbe ascensionnelle. La solution ? Ne pas s’arrêter à cette première étape de consultation mais impliquer par la suite la population dans l’entretien de ces espaces, en s’appuyant sur les maisons de quartiers pour encadrer les initiatives et le suivi.

« En tout état de cause, cette démarche doit être saluée comme un signe politique fort pour plus de végétal en ville, à une heure ou d’autres préoccupations plus « terre à terre » font parfois pencher la balance dans l’autre sens » conclut Fanny Maujean.

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