Loi  » zéro phyto « : les industriels portent plainte auprès de Bruxelles

Gardening - Garden Spray«  On a porté une plainte non anonyme auprès de Bruxelles  », a annoncé à l’AFP Jacques My, directeur de l’UPJ. «  Nous portons ce dossier auprès de la Commission européenne sur deux motifs : un vice de forme car la loi n’a pas été notifiée trois mois avant comme elle aurait dû l’être ; et sur la non-proportionnalité des mesures imposées avec par exemple des peines disproportionnées encourues par les jardiniers amateurs  », a-t-il poursuivi. De plus cette loi menace 6 000 emplois dans le secteur «  dans les années qui viennent  », a-t-il affirmé, sans chiffrer le manque à gagner pour les professionnels.

Un « exutoire pour l’agriculture » - Une loi votée en janvier 2014 prévoit en 2020 l’interdiction des pesticides dans les espaces verts et de fleurissement, et à partir de 2022 dans les jardins des particuliers (hors lutte contre les organismes nuisibles). L’entretien de la voirie, des terrains de sports et des cimetières n’est pas concerné. En avril dernier, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal avait enfoncé le clou, appelant les maires à cesser l’utilisation de pesticides dans les espaces verts de leur commune, au nom de la santé publique et de la biodiversité.

«  Nous ne contestons pas cette loi sur le fond mais sur la méthode : l’interdiction pure et simple. Car si on veut changer les choses, cela passera uniquement par la réintroduction de l’agronomie dans les jardins  », explique Jacques My, dont l’union représente les industriels de l’agrochimie mais aussi ceux du biocontrôle, qui proposent des alternatives aux pesticides.

«  Et c’est dommage que le non-agricole serve d’exutoire pour l’agriculture  », ajoute Jacques My, rappelant que les collectivités représentent moins de 1% du marché des phytosanitaires, les jardiniers amateurs 5 %, le reste étant consommé par les agriculteurs.

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